De l’addiction à l’auto-oppression dans un monde néolibéral
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Cet article propose une analyse philosophique et critique de l’addiction, envisagée comme une forme d’autooppression affective et existentielle. Loin de se limiter à une lecture médicale ou psychologique du phénomène, il s’agit de comprendre comment l’addiction affecte la relation de l’individu à lui-même, à la souffrance et au temps, tout en étant influencée par un contexte social marqué par l’idéal de performance. L ’étude débute par une exploration du cycle addictif, dans lequel la recherche de soulagement immédiat conduit à une répétition qui renforce le mal-être initial. Cette boucle temporelle, dominée par l’urgence et la compulsion, entrave toute possibilité de transformation durable. L ’article mobilise ensuite les apports de Kierkegaard, Frankl et Weil pour éclairer le lien entre angoisse, quête de sens et désengagement existentiel. L ’addiction y apparaît comme une réponse déficiente à une souffrance non élaborée, qui se traduit par une forme de désubjectivation progressive. À cette dynamique intérieure s’ajoute une pression sociale plus large : l’individu, encouragé à s’auto-discipliner et à s’auto-réaliser, intériorise les normes de performance et de responsabilisation. Ce contexte favorise une forme d’auto-oppression, où l’individu participe activement à ce qui le limite. Enfin, l’article ouvre des pistes de réflexion en faveur d’une sortie du cycle addictif, en valorisant l’attention à soi, la lenteur et la restauration du sens comme leviers d’émancipation. Il plaide pour une approche plus globale de l’addiction, articulant expérience subjective et enjeux sociaux, au-delà des lectures culpabilisantes.
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