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Addiction et responsabilisation

Médecine & PhilosophieVolume 14 · 2026
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Résumé

Dans cet article, je cherche à déterminer si la présence d’une addiction contribue en cas d’infraction à saper les conditions cognitives et volitives requises pour qualifier une intention de nuire indispensable à la caractérisation d’une culpabilité morale. J’entends par-là interroger si les individus concernés peuvent raisonnablement se voir attribuer la responsabilité des effets (in)directement criminogènes de leur état de dépendance. Ce faisant, je réponds aux deux questions suivantes : (i) pouvaient-ils d’une façon ou d’une autre éviter son occurrence ? Et (ii) dans l’immédiat, c’est-à-dire au moment des faits, avaient-ils la possibilité d’agir autrement ? Pour (i) comme pour (ii), je procède en tempérant les déclarations (essentiellement neurocentristes) de ceux qui s’attachent à dépouiller les personnes dépendantes de toute capacité de résistance : « elles ne sont plus en mesure de se contrôler, et ne pouvaient lutter contre le développement de la maladie ». Je conteste également la propension de certains, plus rares, à leur retirer toute forme de lucidité : « les sujets enlisés dans une addiction ne sont généralement pas conscients de leur état, et notamment de ce que celui-ci implique à court et à long terme ». Je soutiens de mon côté qu’ils pourraient au mieux bénéficier d’une responsabilité atténuée, et propose à ce titre un cadre d’analyse standardisé permettant d’apprécier au cas par cas et de façon quantifiée s’il y a lieu qu’elle le soit.

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